Moyens de subsistance durables et protection des forêts dans le Maï-Ndombe | WWF DRC

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Moyens de subsistance durables et protection des forêts dans le Maï-Ndombe

Par Dandy Yela Yolemba, Communications Manager du WWF-RDC

Les efforts de la République démocratique du Congo pour assurer une utilisation durable des terres avec la contribution active des communautés locales et des peuples autochtones produisent des résultats positifs dans la province de Maï-Ndombe. Le projet mis en œuvre par le WWF est un modèle encourageant pour donner aux communautés les moyens de mener à bien un programme de conservation.

La République démocratique du Congo (RDC) est l’un des grands pays abritant une grande forêt tropicale au monde. Il dispose de près de 166 million hectares  de forêts, qui représente près de 70% du territoire du pays et représente 7% de la superficie totale des zones forestières tropicales du monde.

@Thomas Nicolon-DRC Forest

Le taux de déforestation en RDC est relativement faible comparé aux pays forestiers d'Amérique latine et d'Asie du Sud-Est, mais ce taux augmente rapidement et reste le plus élevé des pays du bassin du Congo. Une grande partie de cette perte et de cette dégradation de la forêt est due à l'agriculture sur brûlis, à l'exploitation forestière illégale, à la production de charbon de bois pour la cuisson et l'énergie, à l'exploitation minière et, bien sûr, aux feux de forêt. La RDC est l’un des pays les moins avancés du monde et le développement économique reste une priorité absolue. Dans ce contexte, la protection des forêts et les moyens d’existence durables doivent aller de pair, et c’est l’une des raisons pour lesquelles la RDC s’est engagée dans la Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière REDD+ au cours de la dernière décennie.

Dans ce cadre, le WWF a lancé le projet financé par Norad / NICFI dans la province de Maï-Ndombe en 2016. La province de Maï-Ndombe est située au cœur du bassin du Congo et couvre plus de 12 millions d'hectares, constitués en grande partie de forêts. Il fait partie de l'un des écosystèmes les plus importants sur la planète.

@WWF-DRC – welcome ceremony @ Inongo airport

En  septembre 2019, ensemble avec les collègues de l’équipe Forêt and Climat du WWF et du WWF-Colombie, nous avons rendu visite à certaines des communautés avec lesquelles nous travaillons dans le Maï-Ndombe. En quittant Kinshasa, la ville tentaculaire de plus de 10 millions d’habitants, pour Inongo, capitale de la province du Maï-Ndombe, on pouvait contempler d’en haut le spectacle dissonant des paysages. Kinshasa et ses environs sont marqués par les activités agricoles et les terres dégradées, tandis que la province du Maï-Ndombe offre un spectacle forestier différent et hallucinant.

Nous avons traversé des zones  éparpillées de verdure dans les savanes avant de nous diriger vers le Maï-Ndombe et le bassin du Congo avec ses vastes étendues de forêts. Ces forêts constituent la principale ressource alimentaire et énergétique de la population locale. En effet, les communautés locales et les peuples autochtones de tout le pays sont fortement dépendants des forêts et des ressources qu’elles fournissent pour leur subsistance. À certains endroits, il n’y a pratiquement aucune autre alternative.

Ce projet dans le Maï-Ndombe a commencé à changer cette réalité. Il a été conçu pour soutenir les moyens de subsistance des communautés dans le contexte du mécanisme REDD+, et les activités principales ont été adaptées au contexte de chaque territoire et communauté qui souhaitait y participer. Le reboisement a été l’objet principal du projet sur le territoire d’Inongo; à Kiri, le projet repose sur la foresterie communautaire et les communautés de Kutu se concentrent sur la protection de la savane, en particulier par la gestion des incendies.
En plus de leur consentement libre, préalable et informé (CLIP)  à chaque étape du projet, il existe une exigence supplémentaire en matière de participation: les femmes et les peuples autochtones doivent être habilités à participer activement et à assumer des rôles de leadership. En effet, les comités locaux de développement (CLDs) , qui sont les organes de mise en œuvre de ces activités, doivent faire en sorte que les femmes occupent au moins 30% des postes de direction. Dans les communautés composées à la fois de peuples autochtones Pygmées et Bantous, les peuples pygmées doivent être pris en compte de manière égale dans la prise de décision et la mise en œuvre du projet.

L’accent mis sur le consentement, tant au sein de la communauté elle-même que dans la communauté et au WWF, a conduit une communauté à décider qu’elle n’était pas en mesure de poursuivre le programme. Malgré leur désir de participer, ils avaient des conflits internes à résoudre avant de pouvoir entamer le processus d'établissement du CLD. Cette expérience a renforcé l’importance du CLIP à chaque étape du processus et a conduit le personnel du WWF sur le terrain à insister de nouveau pour expliquer le processus global dans chaque communauté.

Les communautés reçoivent un petit paiement au titre des services environnementaux (PSE) pour les succès enregistrés et ayant abouties aux différentes phases de la mise en œuvre et peuvent utiliser les fonds à leur guise. Ils ont été principalement utilisés pour reconstruire des écoles et des centres de santé. De très modestes sommes ont été versées aux personnes très impliquées dans les activités en échange de leurs investissements en temps et en énergie.

Nous avons d'abord visité les communautés de Bobangi dans les environs de la ville d'Inongo, capitale de la province de Maï-Ndombe, ainsi que du territoire du même nom. Ces communautés sont principalement des peuples autochtones pygmées et leurs forêts sont au cœur de leur identité culturelle et de leurs moyens de subsistance. Plusieurs membres de la communauté ont annoncé avec enthousiasme le retour des chenilles dans leurs zones reboisées. Celles-ci constituaient une source de nourriture importante, mais étaient supposées disparues dans la région.

Après avoir rencontré des membres de la communauté et des représentants, nous avons visité l'école agricole d'Ikalata. M. Botikali Ebengo, Directeur de l'école, a fait remarquer que son établissement avait grandement bénéficié du projet au nom des communautés de Bobangi.